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Va-t-on vers un nouveau modèle de réassurance ?

Par La rédaction, LE 12 septembre 2011, 12:09

Entre la crise de l’endettement souverain et l’accumulation de sinistres d’une ampleur inédite, cette rentrée 2011 amène à s’interroger sur le modèle traditionnel de la réassurance. Doit-il être réinventé ? Un jour, peut-être. En attendant, les réassureurs font le dos rond.


Des top-modèles de plus en plus séduisants

Par La rédaction, LE 31 août 2010, 15:08

Les modélisations permettent d’obtenir une évaluation de plus en plus précise de l’exposition des portefeuilles. Cela pourrait aussi attirer de nouveaux acteurs vers la réassurance.

À peine les crues de l’Oder (à la frontière entre l’Allemagne et la Pologne) et de la Vistule (le principal fleuve polonais) s’étaient-elles retirées que survenaient les inondations de Draguignan (dans le Var), faisant vingt morts et douze disparus.

Une image mieux définie de l’exposition

Dans ce laps de temps, le courtier en réassurance Guy Carpenter avait annoncé la finalisation de son programme de modélisation des risques d’inondation en France continentale. Autrefois décriées parce que suspectées d’inciter à la consommation de réassurance, les modélisations s’imposent plus que jamais comme des auxiliaires pour mesurer l’exposition des portefeuilles. D’aucuns perçoivent même dans les modélisations l’une des raisons de la stabilité du marché et des prix de la réassurance. « Il faut l’attribuer à un actuariat adéquat et aux modélisations, qui évaluent l’exposition de façon très précise dans les différentes branches et dans chaque pays. Ce qui veut dire qu’une certaine limite inférieure ne peut pas être franchie », remarque Jürgen Gräber, membre du directoire chez Hannover Re.

« Tout le monde travaille avec les mêmes modèles. Les écarts de prix entre réassureurs sont aujourd’hui davantage le fait de variations de marge et de besoins en chargement que de disparités dans les visions réelles des risques », ajoute Éric Paire, directeur grands clients européens et activités de conseil chez Guy Carpenter. Depuis quelques années, ce courtier en réassurance a déployé d’importants moyens techniques pour élaborer des modèles destinés à améliorer la gestion des risques en tempêtes et en subsidence. Les cédantes françaises disposent désormais d’éléments de quantification quant aux risques qu’elles encourent dans ce domaine. Il ne s’agit pas, comme par le passé, d’une simple collecte d’informations, mais d’un recours à des techniques de géocodage qui permettent aux compagnies de superposer des informations de sources différentes et d’affiner ainsi leur approche de souscription.

À nouveaux scénarios, nouveaux acteurs

« Cette nouvelle vision pourrait avoir pour effet de motiver les équipes du réseau à prolonger l’investigation sur le terrain, afin de définir la position réelle du portefeuille et d’établir par différents scénarios l’exposition des risques à souscrire », précise Éric Paire. Dans les zones où les capacités de réassurance sont limitées (comme en Floride), la méthode est même poussée plus loin et consiste à redistribuer les risques au sein d’une même zone géographique.

Si les cédantes françaises ne sont pas confrontées à cette problématique – le marché disposant de capacités suffisantes -, elles ont néanmoins adopté la même logique. « Il s’agit de comparer de façon homogène des risques distincts, afin de pouvoir, au final, décider de l’intérêt d’une couverture, constate Éric Paire. L’approche probabiliste est un élément clef induit par Solvabilité 2, qui différencie approche standard par scénarios et approche interne probabilisée. » Il est donc nécessaire de disposer de ces modèles, y compris pour des risques comme l’inondation, afin d’obtenir une vue d’ensemble des risques (tempête, subsidence, tremblement de terre, inondation) sur une base probabiliste homogène. En risques inondation, un exemple de cette nouvelle approche est l’élargissement des investigations à un bassin hydrographique.

On peut penser que ces nouvelles conditions de souscription vont inciter de nouveaux acteurs à entrer sur ce marché, à l’instar des modélisations précédentes dans le domaine des tempêtes. À l’époque, dès qu’il a été possible de quantifier les expositions, de mesurer leur impact sur l’ensemble de leur portefeuille et donc d’homogénéiser plus facilement celui-ci, de nouveaux réassureurs se sont intéressés de près à la branche tempêtes, tout particulièrement les Bermudiens.

Marie Luginsland,  l’Argus de l’assurance n°7176