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Réassurance : vers des tarifs en très légère augmentation lors des renouvellements

Par La rédaction, LE 13 septembre 2011, 14:09

L’édition  2011 des Rendez-vous de septembre s’achève ce soir. Le premier bilan à tirer de cette 55ème rencontre de la réassurance mondiale concerne bien évidemment les tarifs. Conformément au scénario habituel, les cédantes les envisagent à la baisse, alors que les réassureurs évoquent une légère hausse prétextant les catastrophes naturelles du premier semestre 2011 et une hausse de la sinistralité. «Tout est calme, avance Daniel Fortuit, président du comité Cessions à la FFSA. Enfin, tout est calme sur le plan technique, parce que sur le plan financier, il y a pas mal de problèmes. » Une affirmation qui se passe de commentaires ! Il poursuit : « Ici, on va discuter les prix notamment sur les traités événements naturels qui sont les plus gros budgets pour les réassureurs ». Et là, les cédantes espèrent que les prix vont baisser parce que l’Europe n’a pas connu de catastrophe ces derniers temps, alors que les réassureurs pensent que les prix vont augmenter en raison des récentes catastrophes en Asie, aux Etats-Unis et en Nouvelle Zélande. Voilà pourquoi beaucoup d’acteurs estiment qu’il est aujourd’hui impossible d’évoquer un tarif, mais bien le segmenter selon les zones du globe. Un avis que confirment les renouvellements asiatiques et américain intervenus respectivement le 1er avril et le 1er juillet.

Néanmoins, si hausse il y a, celle-ci devrait être modérée conformément à la tendance déjà installée depuis quelques temps. « Nous assistons à une tendance de fond avec des augmentations raisonnables sur un marché comportant encore certaines poches de business où les augmentations tarifaires ne s’appliquent pas et sur lesquelles nous estimons que les conditions ne sont pas satisfaisantes. Mais celles-ci vont en diminuant », souligne Victor Peignet, directeur général de Scor Global P&C.

Reste une incertitude : la nouvelle version du modèle RMS lancée tardivement en juillet dernier. En effet, courtiers et réassureurs n’ont pas encore pu intégrer les conséquences de celle-ci sur leur tarif, mais pensent l’avoir fait d’ici Baden Baden, tout en soulignant que ce modèle, parmi d’autres, ne fait pas obligatoirement autorité !


La réassurance en chiffres

Par La rédaction, LE 13 septembre 2011, 10:09

Comme tous les ans, les Rendez-vous de Septembre sont l’occasion de dresser le bilan de la réassurance mondiale. Jean-Philippe Thierry, réélu lundi 12 septembre président de l’association organisatrice, présente à la presse chiffres et tendances . « En 2010, l’assurance mondiale pèse 3 272 milliards d’euros, dont 58 % en vie. 4,6 % de ce total est réassuré mais avec une proportion très différente puisque 73 % des 150 milliards de réassurance concerne la non-vie ». Autre indication majeur sur ce marché : la concentration. En 20 ans, la part de marché des 5 premiers assureurs (Munich Re ; Swiss Re ; Berkashire Hathaway ; Hannover Re et Scor) est passée de 23 % à 43 %, faisant de l’Europe la principale exportatrice de capacité puisqu’elle offre 60 % des capacités mondiale et ne cède que 38 % des primes. Enfin, signe des temps, l’évolution des notations des 25 premiers réassureurs mondiaux depuis les événements du 11 septembre 2001 a conduit S&P à dégrader certains acteurs alors AAA (5 d’entre eux) puisqu’un seul a conservé cette note prestigieuse.
Côté tendance, Jean-Philippe Thierry a estimé que les trois sujets fondamentaux du secteur sont la titrisation, les dérivés climatiques et le risque nucléaire… alors même que survient l’accident de Marcoule !


La facture d’Irène moins lourde que prévue

Par La rédaction, LE 11 septembre 2011, 14:09

Depuis Katrina en 2005, de sinistre mémoire pour les Américains et pour les (ré)assureurs, aucun ouragan n’avait fait trembler à ce point l’Amérique et la « planète finances ». Comme toujours en pareille situation, les estimations les plus floues circulent. Du simple au triple, rien n’est sûr. Malgré tout, l’ouragan Irène, rétrogradé en tempête tropicale dans la journée du dimanche 28 août, a provoqué de nombreux dommages, et semé la panique jusque dans les milieux financiers, en raison de la place centrale de la bourse de Wall Street, pas franchement au mieux de sa forme ces derniers temps… Côté assureurs et réassureurs, la vigilance était aussi à son comble, après un premier semestre 2011 déjà plombé par les catastrophes au Japon, en Australie et en Nouvelle-Zélande, qui se sont traduites par des pertes nettes pour nombre d’entre eux. Au final, bien que salée, la facture « d’Irène » s’annonce en tout cas, a priori, parfaitement gérable pour le marché. Selon la société de modélisation Eqecat, la note serait ainsi comprise entre 200 M$ et 400 M$ (entre 138 et 276 M€) pour les seuls dommages couverts par les assurances dans les états de Caroline du Nord et du Sud. Ce qui ne constitue qu’une estimation fragmentaire des dommages assurés, à reporter aux 10 Md$ de dommages évoqués par certaines sources, imputables notamment aux inondations après le passage d’Irène sur New-York et ses banlieues. Le gouverneur du New-Jersey allait même, dimanche 28 août, jusqu’à évoquer des dommages qui se montraient « à des milliards de dollars ou même à des dizaines de milliards de dollars ». Selon la société de modélisation Kinetic Analysis, le coût d’Irène pourrait ainsi s’établir entre 5 à 10 Md$. Bref, il est trop tôt pour avoir un bilan chiffré précis du passage d’Irène, qui avant même de frapper New-York, avait fait des victimes et causé des dommages sur sa trajectoire et la fourchette reste, pour l’heure, très large. Ce qui est sûr, c’est qu’à chaque fois le même débat resurgit. Alors que l’incurie et la désinvolture du gouvernement Bush au moment de l’ouragan Katrina, le 29 août 2005 (dont le bilan a été très lourd : 1 836 morts et 71 Md$ de dommages pour les assureurs et réassureurs), avaient suscité une réaction indignée de la part des Américains et de la communauté internationale, cette fois il est reproché aux autorités d’avoir voulu trop en faire en déclarant l’état d’urgence, en évacuant des millions d’habitants, et en neutralisant les transports en commun et les vols internationaux au départ ou à l’arrivée de New-York ! Ce qui engendrera aussi des frais pour les (ré)assureurs…