Pour 58% des Français, la première menace qui pèse sur le système de santé dans l’avenir est la pénurie de médecins généralistes. Une crainte qui arrive devant le manque de financement public (53%), une préoccupation qui vient largement en tête dans d’autres pays tels que l’Espagne, la Grande-Bretagne ou encore l’Italie. C’est l’un des enseignements qui ressort de l’édition 2001 du baromètre réalisé depuis 2006 par CSA sur la relation des citoyens européens à l’égard de leurs système de santé, à l’initiative d’Europ Assistance et du Cercle santé société. Un résultat surprenant dans la mesure où la Cour des comptes révélait récemment que la France est l’un des pays ayant la plus forte densité médicale. Néanmoins, les patients sont effectivement confrontés dans plusieurs départements à une véritable désertification médicale, ce qui renvoie bien évidemment à la sensible question de la répartition des professionnels de santé.
Cet imposant sondage mené dans neuf pays de l’Union européenne et pour la première fois aux Etats-Unis, présenté lors de Réavie, montre également une vive préoccupation sur les problématiques d’égalité sociale dans l’accès aux soins. De fait, hormis en Espagne et en Grande-Bretagne, dans tous les autres pays, les personnes interrogées estiment que leur système de santé ne garantit pas cette égalité. Mais les opinions divergent sur les solutions à apporter puisque 73% des Suédois sont favorable à une augmentation des impôts ou des cotisations obligatoires pour combattre ces discriminations, alors que 84% des Italiens y sont opposés. A noter que les Américains sont très partagés sur cette question.
Cela dit très concrètement, c’est en France que ce problème d’égalité paraît le plus criant puisque 29% de la population dit avoir reporté ou renoncé à des soins en raison de difficultés financières. Seule la Pologne affiche un taux plus élevé de 36%, les Etats-Unis se situant juste derrière nous avec un chiffre de 25%. Et qui plus est, ce taux de renoncement aux soins a fortement augmenté dans l’Hexagone puisqu’il était de 11% en 2009 et de 23% en 2010.
Cela dit, en France, ce renoncement aux soins concerne surtout le dentaire et les lunettes. Deux postes « qui ne sont pas perçus comme des soins médicaux dans d’autres pays », souligne Hélène Chevalier, directrice du département santé au sein de l’Institut CSA, qui met également en avant toute la problématique des dépassements d’honoraires. Révélé voilà quelques semaines, ce chiffre de 29% « n’a pas suscité de réaction du gouvernement », s’étonne Nicole Rochat, directrice marketing et communication d’Europ assistance.
Mais il ne fait aucun doute que ce taux important de renoncement aux soins devrait être largement repris lors de la campagne électorale pour les élections présidentielles, puisque plusieurs candidats à la primaire socialistes n’ont pas manqué de l’évoquer comme point noir du bilan de l’actuelle majorité. Comme devrait être également repris d’ailleurs le débat sur l’installation des professionnels de santé, le Parti socialiste préconisant des solutions contraignantes à l’opposé de l’actuelle politique d’incitation défendue par Xavier Bertrand.
François Limoge
Articles comportant le mot clé ‘santé’
Next Page »Les Français craignent la pénurie de généralistes
Par La rédaction, LE 13 octobre 2011, 17:10Craignez-vous les effets de la crise sur la santé et la prévoyance ?
Par La rédaction, LE 12 octobre 2011, 19:10Les professionnels de l’assurance de personnes réunis à l’occasion de Réavie craignent l’impact de la crise sur la santé et la prévoyance. Ils s’inquiètent tant d’une augmentation de la sinistralité liée au stress et que la hausse des cotisations qui pèsera sur les contrats individuels et collectifs.
Henri Laurent, directeur général de Swiss Life prévoyance et santé
Par La rédaction, LE 15 octobre 2010, 13:10Henri Laurent, directeur général de Swiss Life prévoyance et santé, explique que les assureurs ont vocation à s’intéresser au progrès médical. Deux raisons à cela : d’une part, l’impact de l’amélioration des soins sur les coûts de la santé, d’autre part la nature de notre système de santé qui associe étroitement les organismes complémentaires santé.
Jeudi 14 octobre : les nouveaux leviers de croissance
Par La rédaction, LE 15 octobre 2010, 10:10Dans les ateliers de Réavie comme lors des discussions informelles, la préoccupation du marché apparaît évidente : il faut explorer de nouveaux territoires afin d’accroître l’activité ou d’en transférer une partie vers des produits plus rentable. Dépassant leur activité d’assurance, les acteurs du marché s’orientent de plus en plus vers les services. Ainsi, l’accompagnement, l’orientation des patients, la gestion par l’assuré de sa santé ou de sa maladie, le bien vivre, la diététique sont à l’ordre du jour. Commentaires.