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Didier Weckner, directeur des assurances collectives, AXA

Par La rédaction, LE 15 octobre 2010, 09:10

Didier Weckner, directeur des assurances collectives, se fait discret dans les medias. Mais il a accepté pour l’Argus TV de revenir sur les objectifs de développement et les politiques de partenariat d’AXA, leader sur ce secteur, grâce notamment à une position importante sur la réassurance des instituions de prévoyance.



Se différencier en 2010

Par La rédaction, LE 1 octobre 2010, 13:10

Se différencier en assurance individuelle relève de la quadrature du cercle, tant ce marché est saturé. Faute de pouvoir breveter les innovations, les bonnes idées font rapidement des émules. Seule solution, panacher segmentation, modularité et services. De grands acteurs peuvent ainsi proposer plus d’une centaine de formules différentes et conserver des prix d’appels attrayants.
« La complémentaire santé individuelle est devenue le premier poste d’assurance d’un foyer. Elle représente environ deux fois l’auto. Le prix devient donc l’un des principaux critères de choix, comme le confirment nos études , déclare Norbert Bontemps, directeur santé individuelle de Groupama et président du comité maladie-accidents de la Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA). Pour autant, le prix n’est pas le seul critère de choix. Les professionnels en veulent pour preuve le manque de succès des offres low-cost lancées ces dernières années. Les assurés veulent donc non seulement le prix, mais aussi des garanties de qualité.
Dans cet environnement concurrentiel, les réponses aux questionnaires que nous avons adressés aux acteurs de ce top 30 dégagent trois leviers d’action. Pour une grande partie de la famille mutualiste, toujours leader du secteur (55,6 % du marché, selon les chiffres du fonds CMU), la différenciation passe par une mise en valeur des centres et établissements de santé, rebaptisés services de soins et d’accompagnement mutualistes (SSAM). « C’est le meilleur moyen de maîtriser les reste à charge pour les assurés », affirme Maurice Ronat, président du groupe Eovi mutuelles et de la Fédération nationale de la mutualité interprofessionnelle. « Dans la Loire, le réseau sanitaire de la mutualité représente un chiffre d’affaires de 100 ME. Nous sommes en phase de réflexion pour renforcer ces activités dans les départements où nous sommes les plus forts en complémentaire santé. »

De véritables packages personnalisés

Les deux autres leviers, la segmentation et les services, sont communs à toutes les familles de la profession – assureurs et bancassureurs, groupes paritaires, mutuelles d’assurances ou relevant du code de la mutualité.
Au chapitre de la segmentation, toute la profession découpe selon la technique du salami. Generali a refondu son offre distribuée par les agents et courtiers avec une approche segmentée par profil de client, jeunes, familles ou seniors. Axa prévoit d’en faire autant. Chez Groupama aussi, la conception de « packages assurances de personnes » ciblés sur certaines populations est à l’ordre du jour. Gan prévoyance annonce, par exemple, la création d’une nouvelle formule pour les 50 ans et plus avec des garanties adaptées, en particulier sur les postes hospitalisation (400 % du tarif conventionnel), dentaire (400 E par couronne céramique par an et par assuré pour 4 dents maximum, 600 E pour les implants) et des garanties d’assistance couvrant même la téléassistance et la prise en charge des animaux.
Il faut souligner que la segmentation ne relève plus du simple discours marketing. L’époque où l’on pouvait se gausser des offres seniors qui se contentaient d’enlever la garantie maternité semble révolue. On le constate en particulier dans le monde des groupes paritaires et des mutuelles, qui s’est totalement converti au concept. Le groupe Eovi mutuelles, par exemple, s’efforce de répondre aux besoins de ses adhérents avec des offres ciblées sur les jeunes jusqu’à 25 ans, les familles avec ou sans enfants et les seniors, appelés avec délicatesse « quinquas et plus ». Harmonie Mutuelles prépare aussi une gamme santé spécifique aux professions indépendantes, une cible toujours très convoitée. De son côté, la Mutuelle des cadres Vauban (groupe Vauban Humanis) a lancé une offre baptisée Santé CFE-CGC. Elle offre des conditions préférentielles aux adhérents du syndicat, avec lequel le contrat a été négocié. Malakoff-Médéric annonce le lancement prochain d’une offre spécifique dédiée aux personnes à faibles revenus, éligibles à l’Aide à l’acquisition d’une complémentaire santé, « performante en termes de couverture et de services associés ».

Pousser la modularité aussi loin que possible

Au chapitre de la segmentation toujours, les prises en charge de prestations non remboursées par le régime général se généralisent à tel point qu’il ne faut plus parler d’innovation, mais plutôt de standard du marché. Après l’ostéopathie, la contraception et les vaccins, c’est l’imagination au pouvoir. Par exemple, le pack Sérénité de Generali propose un traitement non seulement de la ménopause, mais aussi de l’andropause. Les mutuelles UMC (qui ne figurent pas dans le top 30) viennent de lancer un pack bien-être remboursant la luminothérapie. De plus en plus d’offres individuelles proposent aussi des renforts, naturellement sur les postes de dépenses les plus coûteux que sont l’optique, le dentaire ou l’hospitalisation.
En panachant segments, renforts et packs, la profession pousse aujourd’hui la modularité particulièrement loin. Groupama, qui a engagé une rénovation de ses produits depuis fin 2008, annonce ainsi une offre qu’il qualifie de « moderne et complète », avec 180 formules possibles.
Comme il n’est pas sûr que l’assuré-consommateur s’y retrouve parfaitement, même avec les efforts en matière de lisibilité des contrats promis par la profession à la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, on peut parier que les comparateurs ont de beaux jours devant eux. D’autant que 2010 est la première année où autant d’acteurs du top 30 soulignent le rôle pris par Internet. Henri Laurent indique, par exemple, que 14 % des affaires nouvelles en santé ont été conclues après un devis obtenu sur le site Swiss Life Direct.
Une autre innovation devient aujourd’hui un standard de marché, avec les réseaux ou plates-formes, selon le vocabulaire employé par les uns et les autres. L’année 2010 est en effet la première où une majorité d’acteurs de notre classement est engagée dans un dispositif de grande ampleur concernant l’optique ou le dentaire, voire l’audioprothèse : Kalivia pour Harmonie mutuelles et Malakoff-Médéric, Sévéane pour Groupama et ProBTP, Itelis autour d’Axa, Ligne claire (Mutuelle générale, MNH, MNT), Santéclair (Allianz, Maaf, MMA, MNT, etc.), pour ne citer que quelques noms.

Offrir un beau bouquet de services

Et les réseaux se développent vers l’orientation des patients. Depuis Guidhospi de Swiss Life en 2008, les lancements se multiplient dans ce domaine, avec, notamment, Owih de Santéclair, le programme Priorité Santé mutualiste de la Fédération nationale de lamutualité française (FNMF), le Compar Hospit de Malakoff-Médéric. Assez différents l’un de l’autre, ces programmes n’en traduisent pas moins une réalité : un bouquet de services complet sera demain le moyen privilégié pour fidéliser ses assurés.
La profession a tout à y gagner : « Nous allons ainsi progressivement quitter le domaine de l’assurance stricto sensu pour investir celui du service, dans lequel il n’y a plus de notion d’aléa ou de risques », explique-t-on à la Mutuelle générale. Les assurés aussi : face à des dépenses de santé galopantes, les services constituent le meilleur moyen de réduire les restes à charge.

LAURE VIEL

Didier Bazzocchi directeur général délégué santé du groupe Covéa « L’attrait de la marque est déterminant »

Didier Bazzochi

Quels sont les critères de différenciation ?
L’attrait de la marque est déterminant. Cela peut expliquer un certain nombre de regroupements, tout autant que Solvabilité 2, car installer une marque demande un investissement considérable. Cette notoriété devient aussi importante en santé qu’en auto ou en multirisque habitation. Maaf, par exemple, a doublé sa part de marché en santé en dix ans. Je pense que cette croissance peut s’expliquer autant par l’attrait de la marque que par le réseau.

Quels sont les enjeux pour demain ?
L’un d’eux est l’hospitalisation, dont les coûts augmentent. Nous avons mené une étude sur un portefeuille de 750 000 assurés. De 2002 à 2008, les coûts ont doublé, avec une progression de 91 % sur les soins et de 109 % sur l’hôtellerie. Ces dépenses représentent 20 % des prestations que nous servons. Pour ouvrir des chantiers sur ces sujets, nous suggérons à des confrères de travailler avec nous à des conventionnements. Sur l’optique ou le dentaire, nous pouvons négocier avec 5 millions d’assurés, mais il faut être beaucoup plus nombreux sur l’hôpital. Il faudrait arriver à 10 ou 20 millions. Le conventionnement peut être une alternative crédible au secteur optionnel, que l’assuré risque de payer deux fois par la hausse des honoraires, même si elle est encadrée, et par celle des cotisations qu’il entraînera.

Henri Laurent, directeur général de Swiss Life prévoyance et santé « La guerre des prix s’est renforcée »

Henri Laurent

Henri Laurent

« La guerre des prix s’est renforcée. Cela nous a amenés à une offre commerciale que nous n’avions jamais faite, en proposant deux mois gratuits aux nouveaux assurés. Par ailleurs, nous constatons que les offres low cost ont du mal à trouver leur marché, notamment parce que, pour leur santé, les Français restent attachés à des contrats proposant des garanties complètes. En ce qui nous concerne, les courtiers, qui réalisent 70 % de notre chiffre d’affaires, nous choisissent avant tout pour la qualité. Si l’on veut faire un parallèle avec l’aéronautique, le modèle économique d’une société d’assurances comme la nôtre ressemble plutôt à celui d’Air France qu’à celui des compagnies à bas coûts. Pour résoudre l’équation qualité-prix, nous privilégions donc les offres modulaires et les services. »

L’Argus – N° paru 7175 – le 25-06-2010


Le mariage sied aux paritaires

Par La rédaction, LE 1 octobre 2010, 13:10

Les principaux mouvements du classement 2009 sont liés aux évolutions dans la sphère des groupes de protection sociale. Le classement confirme aussi l’idée d’une confiance dans des marques fortes en santé, puisque les cinq leaders maintiennent toujours de bonnes progressions.
La hiérarchie est respectée. Au moins pour le podium, toujours occupé par Axa, Harmonie Mutuelles et Groupama. Les changements les plus marquants concernent les acteurs du monde paritaire. Devenus Aprionis et Novalis-Taitbout du fait de leurs fusions respectives avec Ionis et Taitbout, les groupes de protection Apri et Novalis gagnent chacun plusieurs rangs. À noter aussi l’apparition d’Apgis et d’Uniprévoyance ainsi que la disparition de Prisme, qui les englobait l’an dernier, en raison de modifications touchant les périmètres de combinaison.
À noter également que 9 acteurs du top 30 dépassent le milliard d’euros et 18 les 500 ME, contre respectivement 7 et 15 l’an dernier.
Notre classement concentre, avec un chiffre d’affaires global de 24 MdE, 80 % du marché de la complémentaire santé, qui vient de franchir en 2009 la barre des 30 MdE, selon les chiffres du fonds CMU. À propos de ce dernier, il est important de souligner l’influence que la hausse de la contribution au fonds des complémentaires santé, qui est passée de 2,5 à 5,9 % de leur chiffre d’affaires, a pu avoir sur le classement.

Force de frappe bancaire et fidèles sociétaires

Les évolutions du niveau des cotisations (mesurables en complémentaires santé individuelles uniquement) sont, en effet, très contrastées en 2009. Quelques acteurs, surtout mutualistes, comme Eovi, n’ont appliqué aucune hausse tarifaire en 2009. Mais les complémentaires santé ont été assez raisonnables, puisque la plupart annonce des augmentations de l’ordre de 4 à 5 %, un chiffre à mettre en regard de la progression du plafond mensuel de la Sécurité sociale, qui sert de référence, et de celle de la « taxe » CMU.
Cette année encore, les plus fortes croissances sont réalisées par Crédit agricole assurances (avec Pacifica et la Médicale) et Macif mutualité. Au fil des ans, ces deux acteurs maintiennent toujours une croissance à deux chiffres. Forts d’un réseau qui sait mieux en mieux vendre des produits d’assurances de personnes, l’un et l’autre n’ont sans doute pas fini de grimper dans le classement.
Les bancassureurs sont toujours perçus, sans doute à juste titre, comme les concurrents les plus redoutables par l’ensemble de la profession. Quant à la Macif, sa force est sans doute de bénéficier de l’attachement de l’adhérent à sa mutuelle, tout en étant en mesure de proposer une offre très complète : ce n’est sans doute pas un hasard si plusieurs dirigeants mutualistes confient réfléchir à la diffusion de produits auto et MRH ! La formule peut apparaître comme la nouvelle martingale, au moins en assurance individuelle.

LAURE VIEL

HARMONIE, LEADER DES AFFAIRES DIRECTES

- Afin de donner un éclairage sur les performances commerciales des acteurs, nous vous livrons ci-contre un classement partiel en affaires directes (cotisations brutes de réassurance, nettes d’acceptation). Ce classement exclut donc l’activité de réassurance. On constate que celle-ci est importante, essentiellement chez les sociétés d’assurances, comme Axa en particulier. Harmonie mutuelles prend la première place. Le groupe, qui est aussi le seul acteur mutualiste à faire jeu égal avec des acteurs paritaires en collectives, n’a sans doute pas fini de caracoler en tête. Il continue de se structurer, puisque son conseil d’administration a entériné, le 17 décembre, la fusion de ses mutuelles interprofessionnelles (Harmonie mutualité, Mutuelle Existence et Prévadiès) à l’horizon 2012, tout en conservant une union mutualiste. Objectif, accueillir et héberger des mutuelles qui ne souhaitent pas s’engager dans un processus de fusion, à l’image de deux mutuelles de la fonction publique (MNAM et SMAR) membres de l’union.

MÉTHODOLOGIE

- Le périmètre retenu est celui de l’activité complémentaire santé 2009 des sociétés d’assurances, bancassureurs, mutuelles d’assurances, groupes de protection sociale, mutuelles et union de mutuelles.
- Pour l’ensemble des acteurs, le périmètre et la période concernés demandés sont les mêmes que pour les états règlementaires.
- Ce classement est établi sur la base des cotisations de frais de soins brutes de réassurance et brutes d’acceptations. Il évolue donc par rapport aux années précédentes, avec des données plus proches de celles figurant dans les rapports annuels.
- Les organismes complémentaires répondent à notre questionnaire sur la base du volontariat. Cela explique l’absence de certains acteurs, comme celle du groupe Réunica.
- Les chiffres sont déclaratifs.
- Vous pourrez retrouver l’intégralité des classements sur notre site Internet argusdelassurance.com

L’Argus – N° paru 7175 – le 25-06-2010