Articles comportant le mot clé ‘Almerys’

Laurent Caredda, président d’Almérys

Par La rédaction, LE 14 octobre 2010, 18:10

Laurent Caredda, président d’Almérys revient sur un sujet qui n’en finit pas de faire débat tout en suscitant un intérêt évident de la profession : l’accès aux données individuelles de remboursement. Non sans admettre que leur utilisation nécessitera beaucoup d’engagements des acteurs afin de rassurer les assurés, le président d’Almérys souligne combien ces données nominatives permettront une vraie sophistication des garanties, un meilleur accompagnement des clients dans les services santé ou encore amélioreront la prévention des risques.



Le tiers payant, un enjeu de taille

Par La rédaction, LE 1 octobre 2010, 13:10

Le tiers payant fait aujourd’hui l’objet de grandes manœuvres dans les coulisses du marché de la complémentaire santé. Avec plusieurs enjeux à clé : les principaux opérateurs cherchent à grandir, et tous les acteurs se lancent dans le développement de services innovants.
Banalisé, le tiers payant ? Seulement dans la mesure où « on ne peut plus vendre un contrat santé sans cela », note Michel Charton, président de SantéPharma. Connu aussi sous le nom de SP Santé, cet opérateur couvre 12 millions de personnes, entre la pharmacie et les applications plus étendues (par exemple la gestion des devis en dentaire et optique), « mais ce n’est pas encore assez », considère Michel Charton. Président du directoire d’Almerys, l’un des principaux opérateurs, Laurent Carreda qualifie les perspectives de croissances de « très fortes ». Depuis plusieurs années, il enregistre une croissance de 40 %, qu’il pense pouvoir maintenir encore pendant deux ou trois ans. « Ensuite, ce sera plus difficile. » Dans le secteur des assurances de personnes, bon nombre de dirigeants, à l’instar de Guillaume Sarkozy, délégué général de Malakoff-Médéric, estiment qu’il n’y aura pas de place pour plus de 3 ou 4 opérateurs en France. Ils sont aujourd’hui pléthoriques : une enquête menée l’an dernier par TNS Healthcare pour l’opérateur de tiers payant Mut’Santé montre que les pharmaciens ont en moyenne 25 conventions. En effet, ces dernières peuvent être conclues aussi bien avec des opérateurs spécialisés qu’avec des acteurs nationaux de la complémentaire santé ou des mutuelles locales.
Pour les professionnels de santé, cette multiplicité est source de complexité dans la gestion de la part complémentaire. Tout pousse donc à la concentration. Une écrasante majorité de pharmaciens (84 %) y est d’ailleurs favorable.

S’entendre pour distribuer les cartes

Cette concentration se déroule à deux vitesses. D’un côté, des moyens sont mis en commun au sein des familles professionnelles, à l’exemple de Mut’Santé, un opérateur créé par des mutuelles de la fonction publique. D’un autre, les leaders cultivent l’oecuménisme. À l’origine connotée plutôt Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA), l’association Santé-Pharma compte aujourd’hui parmi ses adhérents une soixantaine de mutuelles, quelques institutions de prévoyance (IP) et une flopée de courtiers. Elle a pour opérateur technique historique le Cetip, filiale du groupe Cegedim. Une autre filiale de ce dernier, iSanté, est également un grand opérateur de tiers payant, en particulier pour le compte de mutuelles de la fonction publique, comme la Mutuelle nationale des hospitaliers (MNH) ou Unéo. Quant à Almerys, il est opérateur sous son propre nom. Mais cette filiale d’Orange Business Services héberge aussi des services et des applications pour le compte de Terciane (AG2R-La Mondiale), Carte Blanche (Swiss Life), Mut’Santé ou Corelio (ProBTP). Autre exemple : Viamédis, opérateur créé en 2001, a pour principaux actionnaires Malakoff-Médéric, premier groupe de protection sociale français, et Mutuelle Mieux-Être, onzième mutuelle santé, et travaille avec des IP, mutuelles et courtiers.
Cette cohabitation est à l’image d’un secteur où l’on coopère volontiers dans certaines activités, tout en restant concurrents dans d’autres. Pour le transport de flux, on s’associe volontiers pour faire du volume. « Lorsque le professionnel de santé doit faire évoluer son poste de travail informatique, ce n’est pas la même chose si vous lui expliquez que vous représentez dans sa ville quelques dizaines ou quelques milliers d’assurés », explique Michel Charton de Santé-Pharma.

Tout est dans la mise de départ

« Le facteur volume est moins important sur le tiers payant complexe », commente Philippe Simon, directeur général délégué de Cegedim Activ. La distinction entre tiers payant « simple » (essentiellement la pharmacie) et « complexe » s’impose aujourd’hui. Dans le second cas, la dispense d’avance de frais pour l’assuré implique un accord préalable de prise en charge, avec l’envoi d’un devis, comme pour l’optique et le dentaire. Subsistent alors des étapes de saisie, voire de traitement, manuelles. C’est là où les grands (et moins grands) acteurs se différencient et apportent une valeur ajoutée. Le tiers payant devient un instrument de régulation tarifaire, au coeur de la constitution de réseaux de professionnels de santé par les complémentaires.
« L’un des grands sujets d’actualité concerne les hôpitaux et cliniques, pour les prestations dites “hôtelières”, comme les suppléments chambres individuelles, ainsi que la mise en place du tiers payant pour les consultations externes », indique Philippe Simon. « Signer une convention avec un grand centre hospitalier universitaire demandera de nombreuses réunions avec des responsables de haut niveau et engagera donc des frais importants », relève, de son côté, Michel Charton.
Avec des auxiliaires de santé, comme les infirmières, le processus sera plus industrialisé. Mais il exige tout même des fichiers tenus à jour, des mailings, des relances téléphoniques, des échanges de courriers. Au final, chaque convention coûte entre 80 et 100 E. Pendant que certains font la course au nombre de conventions, d’autres se demandent s’il est vraiment intéressant de signer avec tous les podologues français.

Explorer tous les terrains de jeu

Les opérateurs collent aussi aux évolutions du système de santé, afin de proposer une offre enrichie aux complémentaires. Par exemple, Viamédis tire profit des avancées de la loi hôpital, patients, santé et territoires (HPST) : elle confère un rôle nouveau au pharmacien, qui participe au service public de permanence des soins et accompagne les patients au quotidien. C’est dans ce contexte que l’opérateur développe son projet d’« automédication assistée et sécurisée », en coopération avec des syndicats et le groupement d’officines PHR. « Ce projet s’adresse aux patients qui pratiquent ponctuellement ou régulièrement l’automédication de manière autonome pour les petites affections de la vie courante. Notre objectif est de faire en sorte que le pharmacien sécurise cette pratique avec un conseil éclairé et la dispensation de produits sélectionnés selon des critères d’efficacité et de sécurité », détaille Véronique Lacam-Denoël, directeur général adjoint de Viamédis. Par souci de sécurité, ce programme ne couvre que les pathologies reconnues par l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé comme susceptibles d’être soignées en médication officinale. Le sujet reste délicat, mais les nouvelles évolutions du tiers payant contribuent au rapprochement entre organismes complémentaires et professionnels de santé.

LAURE VIEL

LE POIDS DES ACTEURS

Les principaux opérateurs de tiers payant (en personnes couvertes)
Almerys 12 millions
SP Santé 12 millions
iSanté 7,5 millions
Viamédis (1) 3,5 millions
1. Hors mutuelles utilisant les solutions Viamédis sous leur marque
SOURCE : OPÉRATEURS CITÉS

Caroline Sarocchi

Caroline Sarocchi Présidente du cabinet R et B Partners « Élargir les réseaux de conventionnement »

Quels sont les enjeux autour du tiers payant ?
L’avenir du tiers payant réside dans l’apport d’une réciprocité d’avantages entre les adhérents, les organismes complémentaires et les professionnels de santé, notamment au travers du déploiement du tiers payant électronique (TPE). Contrôle des droits en temps réel, connaissance instantanée et détaillée des garanties, simplification de la gestion administrative, gain de temps lors du renouvellement des droits (pas d’attestation papier), rapidité du règlement : ce sont quelques-unes des avancées notables de sa mise en place. Sans compter une meilleure fidélisation des adhérents, mieux informés par les professionnels de santé de la prise en charge des produits non remboursables.

Les évolutions en cours peuvent-elles contribuer à rapprocher professionnels de santé et organismes complémentaires ?
Une évolution « gagnant-gagnant » du TPE suppose également un élargissement des réseaux de conventionnement, afin que les adhérents y trouvent leur compte. Les organismes complémentaires ne disposant pas d’un tel réseau seront menacés d’exclusion de ce marché en pleine évolution.

Stéphan Reuge Directeur institutionnel et stratégique, prévoyance et assurances de ProBTP

« Depuis longtemps, ProBTP a conclu des conventions de tiers payant en propre avec des pharmaciens, hôpitaux, radiologues, laboratoires… Depuis 2008, l’extension en santé de nos partenariats avec les institutions d’autres branches professionnelles (la réparation automobile avec IRP Auto et les industries graphiques avec Lourmel) nous a conduits à transférer notre tiers payant au sein d’une entité dédiée, Korelio. En effet, il n’était pas concevable qu’un service de tiers payant reste au nom de ProBTP pour d’autres familles professionnelles. Aujourd’hui, notre tiers payant est étendu au domaine de l’optique. Nous développons également des flux électroniques avec les hôpitaux et cliniques : nous sommes impliqués dans plusieurs projets d’échanges de données dématérialisées, comme nous le faisons déjà avec l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris et les Hospices civils de Lyon. Dans d’autres domaines, comme l’optique, où les flux informatiques ne sont pas aussi développés qu’en pharmacie, notre philosophie est constante : nous regardons si l’environnement concurrentiel et si le montant des remboursements justifient des développements informatiques. Nous sommes très sensibles aux coûts, car nos adhérents du BTP ont des revenus en général inférieurs à la moyenne nationale. »

L’Argus – N° paru 7165 – le 23-04-2010