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“J’ai l’impression d’être à une table du Titanic, mon voisin me demandant le sel tandis que le bateau coule”

Par La rédaction, LE 30 septembre 2011, 09:09

Les congressistes de Patrimonia n’auront pas perdu leur temps, ce matin, en assistant à la conférence inaugurale sur l’emballement des marchés financiers.

Pas de langue de bois. La classe politique, les hedges funds et les banques ont été les cibles des trois débatteurs invités, l’économiste Karine Berger, l’ancien trader Marc Fiorentino, directeur associé de AlloFinance.com, et le président de NYSE Euronext Dominique Cerutti. L’instabilité économique est due à un double défaut de maîtrise des gouvernements, sur les phénomènes spéculatifs et sur l’endettement de leur pays, ont-ils expliqué en substance. Leurs solutions sont radicales. “Il faut une régulation extrêmement forte et couper le lien entre les banques d’investissement et les banques de dépôt, ce qui aurait dû être déjà fait en 2008″, a proposé Karine Berger. Les  banques européennes ayant utilisé les aides publiques à des fins spéculatives, elles doivent à présent “faire la vérité sur la valeur de leurs bilans”. “Il leur faut admettre que certains de leurs actifs ne sont pas correctement “pricés” et que les pays ne pourront pas rembourser intégralement”, a-t-elle tranché. “La valeur de la dette grecque est passée de 100 à 40. Celle de l’Irlande vaut 70, celle de l’Espagne 80, celle de l’Italie 95. Comment le sait-on ? Par la cotation des produits dérivés de couverture (CDS), qui permettent de savoir leur prix”. Elle a cité l’exemple d’Axa, qui a coté la dette grecque à 40 % de sa valeur.

Dominique Cerutti, président de NYSE Euronext, s’en est pris au fonctionnement holistique des 9 000 hedges funds et à l’opacité des transactions boursières : “En Europe, nous n’avons toujours pas de régulation centralisée pour les 132 places différentes qui traitent les échanges d’actions”.

Marc Fiorentino, directeur associé de Allofinance.com, était le plus remonté des trois débatteurs sur la responsabilité de la classe politique française et européenne, “largement incompétente”. “Qu’attendent-ils ? J’ai l’impression d’être à une table du Titanic, mon voisin me demandant le sel tandis que le bateau coule. Il faut restructurer la dette, puis réajuster les dépenses aux revenus”.


Karine Berger dément les projections de croissance du gouvernement

Par La rédaction, LE 29 septembre 2011, 15:09

Ce matin, lors de la conférence inaugurale de Patrimonia, l’économiste Karine Berger livre cette analyse saisissante de l’état de forme des économies européennes et américaines : “Les indicateurs avancés de la production et de la consommation ne sont pas bons. En septembre, les carnets de commandes BtoB ne sont pas repartis, comme si les entreprises n’avaient toujours pas fait leur rentrée”, a-t-elle lancé devant un auditoire nourri de spécialistes en gestion de patrimoine.
Ces pays n’ont toujours pas “digéré” les effets de la crise des années 2008 et 2009. Selon cette ancienne cadre de l’Insee, “les niveaux de production industrielle et de services restent inférieurs à ceux de 2007. Ceux de la France et de l’Allemagne ont décroché de 8 % par rapport à cette période. Les Etats-Unis sont à – 6 %. Dans le reste du monde, l’Asie est à + 33 %”.
En cause : “Les déséquilibres financiers n’ont toujours pas été réglés, ni en matière d’endettement, ni vis-à-vis de la contraction des crédits aux entreprises”. Pour elle, “le ralentissement de l’économie est plus fort que prévu. Le gouvernement table cette année sur une croissance de 1,7 %. En réalité, le consensus des économistes – qu’il n’a pas rendu public – est de 1,2 %”. Transmis aux parlementaires qui vont bientôt examiner le projet de loi de finances 2012.
Cette projection est en tout cas moins fantaisiste que celle de la Grande Bretagne, dont le gouvernement a retenu une hypothèse de croissance de… +3,5 %. “Ce qui fait que son plan de rigueur est en définitive identique à celui de la France”, a-t-elle conclu.


Karine Berger, économiste et associée de EcoMining

Par La rédaction, LE 29 septembre 2011, 10:09

Co-auteur du livre « Les trente glorieuses sont devant nous », Karine Berger, économiste et associée de EcoMining apporte son analyse de la situation actuelle et rappelle qu’il faut plus que jamais miser sur l’investissement à long terme et sur l’innovation pour profiter des années à venir qui sans aucun doute seront «glorieuses ».