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Le métier de conseiller patrimonial

Par La rédaction, LE 16 septembre 2010, 15:09

Le métier du conseil patrimonial existe depuis l’Antiquité et a traversé les âges en fondant sa légitimité sur la confiance que l’on accordait à son « fondé de pouvoir ». Aujourd’hui, le concept de « gestion de patrimoine » s’est sophistiqué et fait plutôt référence à un éventail de compétences. 
L’apparition de logiciels d’approche globale du patrimoine dans le dernier quart du vingtième siècle, la création de diplômes universitaires spécialisés et la mise en place de structures dédiées au sein des banques illustrent la sophistication du métier, même si celui-ci conserve souvent une image floue pour le client-consommateur de services et de produits financiers.
On confond souvent conseil patrimonial et gestion d’actifs (en oubliant qu’il existe aussi un passif). On parle de « gestion de fortune » comme si l’activité était réservée aux seules personnes assujetties à l’impôt sur la fortune. On se targue de faire de « l’ingénierie financière », terme compliqué selon lequel on pourrait tout à la fois supprimer l’impôt, éliminer les baisses des marchés financiers et garantir à tout client des performances miraculeuses…
 
Retour aux fondamentaux et certification 
 
De tels errements ne pouvaient que semer et entretenir la confusion dans l’esprit du public, et la crise récente des marchés financiers ramène à la raison en redonnant aux « fondamentaux » (diversification des avoirs, recherche de sécurité, protection de la famille) et au « bon sens » leurs lettres de noblesse.
Ce retour aux sources est aujourd’hui favorisé par les pouvoirs publics, qui, partout dans le monde, mettent en place des règles minimales pour favoriser une bonne pratique du métier. En France, L’Autorité des marchés financiers (AMF) et l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP) veillent à la protection de l’épargne et surveillent les prestataires de services financiers. Les prochaines années verront se développer des directives européennes. Les professionnels eux-mêmes se sont organisés pour assurer aux clients des divers intervenants du marché une reconnaissance du professionnalisme des individus qui pratiquent le conseil. Né aux États-Unis autour du label des Certified Financial Planners (CFP), le concept est développé en France depuis 1997 par l’Association française des conseils en gestion de patrimoine certifiés (CGPC).
 
Un examen et un contrôle continu des pratiques 
 
L’Association compte aujourd’hui 1 500 professionnels en France, exerçant leur activité aussi bien dans le secteur de l’assurance que dans la banque, ou pratiquant leur métier selon le mode libéral comme conseils en gestion de patrimoine indépendants (CGPI), experts-comptables, avocats, notaires… L’association des CGPC est le premier acteur européen dans le domaine de la certification des CGP, et elle participe activement au développement international du Financial Planning Standards Board, lequel regroupe 23 pays et plus de 120 000 certifiés.
La certification individuelle des conseils en gestion de patrimoine s’obtient par le succès à un examen professionnel exigeant, qui porte sur les matières essentielles du conseil patrimonial : droit et fiscalité du patrimoine, marchés financiers, immobilier, assurance vie, retraite et prévoyance, résolution d’un cas pratique. Contrairement aux diplômes universitaires, cette certification n’est pas acquise « une fois pour toutes », mais suppose une obligation de formation continue et, par ailleurs, l’acceptation d’un code de déontologie et la mise en oeuvre des standards et pratiques professionnelles définies pour l’ensemble de la profession.
Depuis 2009, tous les praticiens ayant obtenu la certification CGPC peuvent également se prévaloir de la norme Iso 22222 qui, partout dans le monde, s’attache à protéger le consommateur après audit de la compétence et de la façon d’exercer des professionnels.
La CGPC est particulièrement honorée d’avoir été choisie par l’Argus de l’assurance pour coordonner la réalisation de ce « Cahier pratique » sur la gestion du patrimoine financier et assure les lecteurs de son attachement à participer à la structuration et à la reconnaissance d’un métier qui doit continuer à progresser dans la voie de la sécurité et de la protection du client-épargnant.
 
 
HERVÉ DE LA TOUR D’ARTAISE 
L’Argus – N° paru 7174 – le 18-06-2010