Le tout nouveau président de la CSCA, Dominique Sizes, fait de la modernisation de la fédération des syndicats professionnels du courtage une priorité et souhaite développer les services aux adhérents.
Quel a été le cheminement de votre élection à la présidence de la CSCA ?
On répète à l’envi actuellement que j’étais le seul candidat à la succession d’Yves Renard. Si c’est une réalité, il s’agit du résultat de la préparation concertée de cette élection. Sachant qu’il ne se représenterait pas, Yves Renard a ainsi saisi l’ensemble des syndicats membres de la chambre syndicale pour préparer sa succession, à travers des discussions très ouvertes. À l’issue de ce processus, il est apparu qu’il n’y avait pas d’autre candidature que la mienne, rendue publique en janvier.
Dès lors, il m’a semblé important de formuler une profession de foi dans laquelle étaient définis les axes de travail de mon éventuelle présidence. Il ne s’agissait pas d’être candidat pour être candidat, mais bien plutôt d’exposer une feuille de route à laquelle a adhéré le Conseil national lorsqu’il m’a élu.
Quelle est justement cette feuille de route ?
Elle s’articule autour de trois grands axes liés les uns aux autres. Le premier vise, à la suite de mes prédécesseurs, à continuer de moderniser et de structurer la CSCA afin qu’elle soit vue et appréciée à l’extérieur, et surtout reconnue par ses membres comme un outil à leur service, capable de répondre à leurs besoins. Ainsi, le travail des commissions, très riche, doit être mieux diffusé. Ces travaux touchent-ils suffisamment nos adhérents, savent-ils qu’ils peuvent questionner ces commissions ?
Communiquer sur nos travaux et sur ce que les membres peuvent obtenir de la CSCA est primordial. Pour y parvenir, j’entends proposer au Conseil national, qui se réunira le 6 juillet, la désignation d’un coordonnateur de la quinzaine de commissions que compte la chambre. La même volonté de coordination et de faire savoir m’anime pour le site web et les publications de la CSCA.
Et les deux autres axes ?
La SAS, société par action simplifiée, que nous sommes en train de mettre en place, sous la houlette de Guillaume Millet, dans le cadre de la nouvelle norme EDI courtage 2010, incarne le deuxième axe : faire face aux nouveaux défis de la profession. Cet outil au bénéfice des adhérents, seule la CSCA peut l’apporter à ses membres. Je pense que nous devons mener d’autres projets de ce type. Par exemple, on pourrait imaginer, dans le contexte actuel de pénurie de capacités sur certaines typologies de risques, que la CSCA aide les plus petits de ses adhérents à accéder aux capacités financières disponibles sur les marchés étrangers, notamment anglais, quand elles font défaut sur leur marché domestique.
Il s’agit aussi de permettre aux plus petits de nos adhérents, qui sont sur le terrain et disposent de très peu de fonctions supports intégrées à leur entreprise, de répondre aux problématiques propres à notre profession réglementée. La directive intermédiation, en cours de révision, constitue une de ces problématiques, tout comme la nécessaire préparation au futur du courtage qui passera inévitablement par la démonstration quotidienne de la valeur ajoutée unique du courtier dans le paysage diversifié et concurrentiel de la distribution d’assurances.
Enfin, il s’agit aussi de les aider à traiter les sujets tels que la parité, le stress au travail, la portabilité des droits, l’emploi des seniors…, qui submergent tous les dirigeants de PME, et pas seulement les patrons de cabinets de courtage.
Mais la CSCA ne réunit pas toute la profession…
C’est le troisième axe qui vise à augmenter le nombre d’adhérents. Avec 1 000 courtiers adhérents actuellement, sur une population cible d’environ 4 000 professionnels, du chemin reste à faire. Pour atteindre cet objectif d’accélération du rythme des adhésions, la CSCA doit à la fois renforcer son lobbying et sa communication vis-à-vis de l’extérieur mais aussi promouvoir et hausser le niveau des services apportés à ses membres.
Les deux ans de votre mandat suffiront-ils pour mener à bien cet ambitieux projet ?
Il est certain que pour les objectifs liés à la formation professionnelle ou à l’adaptation des courtiers au cadre réglementaire, deux ans peuvent paraître un peu courts.
Mais nous ne partons pas d’une page blanche, le président délégué, Alain Morichon, est investi de longue date sur les questions sociales et il a déjà bien fait avancer le sujet de la formation professionnelle, par exemple. Enfin, la continuité sera de mise en 2012, comme elle l’est aujourd’hui.
Par quoi allez-vous débuter ?
Comme je vous le disais, ces différents axes de travail sont interdépendants. Il me semble néanmoins que la modernisation de la chambre prime sur les deux autres axes de travail, de telle sorte que notre organisation puisse répondre aux attentes des adhérents et attirer un certain nombre de nouveaux membres.
La nouvelle Autorité de contrôle prudentiel a constitué un sujet phare pour votre prédécesseur. Et aujourd’hui ?
Le sujet reste brûlant d’actualité pour notre profession. Le travail mené avec la Fédération française des sociétés d’assurances a permis d’obtenir un sous-collège assurance. C’était primordial, mais insuffisant. Les sujets qui posent problème restent nombreux : la contribution pour frais de contrôle que seuls les courtiers doivent acquitter en est un, comme les conditions de mise sous administration provisoire d’un confrère par l’ACP. Le cas Alsass constitue un précédent fâcheux. Le courtier est un commerçant ; le fait de ne pas recourir au tribunal de commerce pour désigner l’administrateur et fixer sa mission peut poser problème.
Propos recueillis par Stéphane Tuffery, l’Argus de l’Assurance n°7175

