Articles comportant le mot clé ‘international’

L’international à la rescousse

Par La rédaction, LE 3 septembre 2010, 14:09

Si les courtiers normands n’échappent pas à la crise. L’international permet cependant à certains d’entre eux de sortir la tête de l’eau.

La mondialisation a permis à bon nombre de courtiers normands de sortir de l’ornière en 2009. C’est le cas du cabinet rouennais Cap Marine assurances et réassurances, spécialiste des flottes mondiales de commerce et des travaux maritimes offshore, qui voit son activité progresser de 2 % en 2009, à 6,63 ME. Olivier Renault, son président, s’estime « relativement satisfait ». Le courtier craignait en effet un retour de bâton dû à la crise, qui l’avait épargné en 2008 (+ 20 %). « Nous avons certes concédé une baisse d’activité dans le secteur de la commission de transport et du transit et subi une importante contraction des chantiers maritimes, avec un effet d’un demi-million d’euros sur notre chiffre d’affaires, mais nous avons prospecté de nouveaux clients à l’international, évitant ainsi d’être dans le rouge. Nous sommes en effet bien accueillis à l’international, comme une alternative de qualité aux très grands courtiers mondiaux. D’ailleurs, la poursuite du développement se fera en 2010 sur les flottes de commerce, les grands comptes et le négoce internationaux. »Explorer de nouveaux horizonsL’optimisme est plus retenu au cabinet havrais Dero DTAMT. Réalisant 30 % de son chiffre d’affaires dans les transports maritimes et la manutention portuaire, 50 % dans les entreprises et 20 % avec une clientèle de particuliers fortunées et avec l’aviation privée, il a vu son chiffre d’affaires baisser de 3,11 %, à 3,02 ME. « Pour deux motifs très liés, en amont avec la baisse des échanges mondiaux et en aval avec les activités liées aux entreprises de la logistique et du transport terrestre », analyse Christophe Dero, son dirigeant. S’il est convaincu que ces activités reprendront, il craint cependant que ce ne soit plus au Havre. Baptisé Port 2000, le nouveau port à conteneurs qui doit permettre à la « Porte océane » normande de rivaliser avec les grands ports du nord de l’Europe a en effet du mal à prendre sa vitesse de croisière, en raison de conflits sociaux récurrents liés à la réforme portuaire Autre courtier « raisonnablement optimiste », Stéphane Lecomte, gérant du Rouennais Ofracar, dédié à 96 % aux entreprises, estime ne pas avoir été épargné par la crise, mais explique ses bons résultats (+ 13 %) par ses spécialisations : « Nous nous situons entre les réseaux traditionnels et les grands courtiers nationaux ou internationaux. Nous répondons à un profil recherché par les entreprises, qui exigent à la fois compétences, haute technicité et proximité. Nous recueillons aussi les fruits de nos investissements passés dans la création de produits d’assurance-crédit ou pour nous spécialiser dans le froid. »Dans un autre registre, le courtier SPB, spécialiste havrais des assurances affinitaires liées aux produits bancaires et nomades, continue pour sa part d’afficher de bons résultats (+ 19,6 %). « Ils sont portés par nos diversifications, innovations, acquisitions et développements dans des pays européens comme l’Espagne et l’Italie, commente le président du directoire, Jean-Marie Guian. Nos chiffres auraient été meilleurs sans la crise. » Pour 2010, SPB prévoit d’accélérer encore son développement à l’international, notamment sur le marché anglais, après l’acquisition récente d’un spécialiste des assurances de produits nomades, Citymain.Quand l’immobilier plonge, le courtier tousseLes courtiers bas-normands ont eux aussi été pris dans la nasse de la crise économique en 2009. Nouveau venu au palmarès l’an dernier, IPC courtage, installé à Louvigny dans le Calvados, a passé une année difficile, avec une baisse de 8 % de son chiffre d’affaires. « Le courtage en assurances est resté stable, mais le crédit immobilier a baissé de 30 %, comme en 2008, ce qui représente une perte de 200 000 E de chiffre d’affaires en deux ans », précise Patrick Chevalier, son gérant. Ce dernier travaille à 70 % avec des particuliers « n’osant plus s’engager dans l’immobilier » et à 30 % avec des entreprises, dont beaucoup « rencontrent des difficultés ».

 Patrick Bottois, l’Argus de l’Assurance n°7172


Remous persistants dans les réseaux internationaux

Par La rédaction, LE 3 septembre 2010, 14:09

L’accompagnement à l’international devient un enjeu majeur pour les courtiers, alors que les entreprises françaises, y compris petites et moyennes, se développent de plus en plus en dehors de leur marché domestique. Petit état des lieux des différents réseaux en présence.

L’actualité récente est venue bousculer le quotidien routinier des réseaux internationaux de courtage. Et d’abord le choix récent de Lafarge de travailler avec Marsh France comme courtier central et avec le réseau intégré du groupe Aon pour l’international. EDF, autre fleuron de l’économie française, vient lui aussi de bousculer ses habitudes : le groupe énergétique, qui travaillait jusqu’à présent avec le réseau intégré Marsh, a désigné Diot et son réseau non intégré Eos Risk pour l’accompagner en dommages à l’international.Ce choix relance le débat sur les vices et les vertus des deux types de réseau qui cohabitent actuellement : le réseau intégré (Aon ou Marsh) et le réseau non intégré (Assurex Global ou WBN). 

Les réseaux intégrés misent sur leur signature

Enfin, autre fait d’actualité venu récemment alimenter le débat : le réseau non intégré Assurex Global a vu un de ses principaux partenaires, HSBC courtage, se vendre à Marsh et quitter ainsi le réseau dont Verspieren est le correspondant français. Le courtier nordiste est devenu à cette occasion le principal membre du réseau Assurex en termes de chiffre d’affaires. Pour Verspieren, principal apporteur d’affaires du réseau, trouver des partenaires capables de remplacer HSBC en Asie et au Royaume-Uni est devenu un enjeu majeur (lire l’interview de Dominique Sizes page suivante).Alors que les grandes entreprises françaises sont de plus en plus actives à l’international, les réseaux intégrés d’Aon et de Marsh ont largement tiré profit de cette montée en puissance ces dernières années. La force de leur marque et de leur signature y est pour beaucoup. « Le réseau Marsh est un élément de différenciation pour nous. Notre présence à l’international et les importants investissements informatiques consentis nous permettent de répondre aux attentes des clients et d’assumer le rôle de chef d’orchestre de la gestion des risques d’une multinationale », confirme Stanislas Chapron, président de Marsh France

De l’outil efficace à la prison dorée

Mais les outils propriétaires d’Aon, de Marsh ou de Willis, s’ils sont reconnus pour leur efficacité, peuvent cependant vite faire office de prison dorée pour les clients. Et c’est à partir de ce constat qu’un éditeur comme Effisoft attire, semble-t-il, de plus en plus les faveurs des entreprises assurées ; du fait même qu’il est indépendant de tout courtier. « Quoi qu’il arrive, ce sont les clients qui restent maîtres de leur décision », rappelle Hervé Houdard, directeur général de Siaci Saint-Honoré qui, sauf avis contraire du client, travaille à l’international avec son partenaire capitalistique JLT.Et désormais, il devient banal de voir des entreprises passer de l’un à l’autre des modèles, voire de clairement privilégier les réseaux non intégrés. C’est le cas notamment pour le français Hermès, qui travaille avec le réseau Assurex Global, ou pour l’américain Oshkosh avec WBN. « Dissocier le courtier central et l’accompagnement à l’international ne comporte pas nécessairement un risque, dès lors que le réseau est bien piloté et bien structuré en termes de process et d’outils. C’est ainsi que nous fonctionnons depuis plus de douze ans avec notre partenaire Willis », explique Renaud de Pressigny, tout nouveau directeur de la stratégie globale clients de Gras Savoye.En outre, une troisième voie est possible. Une alternative privilégiée par Funk en Allemagne et qui consiste à assumer son propre développement à l’international avec la mise en place de bureaux là où les clients ont besoin d’être accompagnés.Dans la même logique et « sans disposer d’un réseau propre, Bessé accompagne ses grands clients à l’international en assurant la gestion centrale des programmes et en ayant recours localement aux services d’un réseau, intégré ou non. En dehors de la petite appréhension de départ du risk-management central, l’international est un non-problème pour le cabinet », affirme Pierre Bessé, président du cabinet éponyme. 

Stéphane Tuffery, l’Argus de l’Assurance n°7172