Si les courtiers normands n’échappent pas à la crise. L’international permet cependant à certains d’entre eux de sortir la tête de l’eau.
La mondialisation a permis à bon nombre de courtiers normands de sortir de l’ornière en 2009. C’est le cas du cabinet rouennais Cap Marine assurances et réassurances, spécialiste des flottes mondiales de commerce et des travaux maritimes offshore, qui voit son activité progresser de 2 % en 2009, à 6,63 ME. Olivier Renault, son président, s’estime « relativement satisfait ». Le courtier craignait en effet un retour de bâton dû à la crise, qui l’avait épargné en 2008 (+ 20 %). « Nous avons certes concédé une baisse d’activité dans le secteur de la commission de transport et du transit et subi une importante contraction des chantiers maritimes, avec un effet d’un demi-million d’euros sur notre chiffre d’affaires, mais nous avons prospecté de nouveaux clients à l’international, évitant ainsi d’être dans le rouge. Nous sommes en effet bien accueillis à l’international, comme une alternative de qualité aux très grands courtiers mondiaux. D’ailleurs, la poursuite du développement se fera en 2010 sur les flottes de commerce, les grands comptes et le négoce internationaux. »Explorer de nouveaux horizonsL’optimisme est plus retenu au cabinet havrais Dero DTAMT. Réalisant 30 % de son chiffre d’affaires dans les transports maritimes et la manutention portuaire, 50 % dans les entreprises et 20 % avec une clientèle de particuliers fortunées et avec l’aviation privée, il a vu son chiffre d’affaires baisser de 3,11 %, à 3,02 ME. « Pour deux motifs très liés, en amont avec la baisse des échanges mondiaux et en aval avec les activités liées aux entreprises de la logistique et du transport terrestre », analyse Christophe Dero, son dirigeant. S’il est convaincu que ces activités reprendront, il craint cependant que ce ne soit plus au Havre. Baptisé Port 2000, le nouveau port à conteneurs qui doit permettre à la « Porte océane » normande de rivaliser avec les grands ports du nord de l’Europe a en effet du mal à prendre sa vitesse de croisière, en raison de conflits sociaux récurrents liés à la réforme portuaire Autre courtier « raisonnablement optimiste », Stéphane Lecomte, gérant du Rouennais Ofracar, dédié à 96 % aux entreprises, estime ne pas avoir été épargné par la crise, mais explique ses bons résultats (+ 13 %) par ses spécialisations : « Nous nous situons entre les réseaux traditionnels et les grands courtiers nationaux ou internationaux. Nous répondons à un profil recherché par les entreprises, qui exigent à la fois compétences, haute technicité et proximité. Nous recueillons aussi les fruits de nos investissements passés dans la création de produits d’assurance-crédit ou pour nous spécialiser dans le froid. »Dans un autre registre, le courtier SPB, spécialiste havrais des assurances affinitaires liées aux produits bancaires et nomades, continue pour sa part d’afficher de bons résultats (+ 19,6 %). « Ils sont portés par nos diversifications, innovations, acquisitions et développements dans des pays européens comme l’Espagne et l’Italie, commente le président du directoire, Jean-Marie Guian. Nos chiffres auraient été meilleurs sans la crise. » Pour 2010, SPB prévoit d’accélérer encore son développement à l’international, notamment sur le marché anglais, après l’acquisition récente d’un spécialiste des assurances de produits nomades, Citymain.Quand l’immobilier plonge, le courtier tousseLes courtiers bas-normands ont eux aussi été pris dans la nasse de la crise économique en 2009. Nouveau venu au palmarès l’an dernier, IPC courtage, installé à Louvigny dans le Calvados, a passé une année difficile, avec une baisse de 8 % de son chiffre d’affaires. « Le courtage en assurances est resté stable, mais le crédit immobilier a baissé de 30 %, comme en 2008, ce qui représente une perte de 200 000 E de chiffre d’affaires en deux ans », précise Patrick Chevalier, son gérant. Ce dernier travaille à 70 % avec des particuliers « n’osant plus s’engager dans l’immobilier » et à 30 % avec des entreprises, dont beaucoup « rencontrent des difficultés ».
Patrick Bottois, l’Argus de l’Assurance n°7172

