Les complémentaires santé doivent s’attendre à de nouvelles charges financières. C’est le sentiment largement partagé par les participants de la table ronde organisée sur la santé dans le cadre de Decid’assur. Pour Thierry Martel , directeur général assurance et banque France chez Groupama, la taxe de 3,5% sur les contrats responsables, adoptée l’an dernier, constitue « une première marche vers les 7% », rappelant à cette occasion que sont in fine les clients qui subissent des hausses de tarifs. Directeur général de Swiss Life prévoyance et santé, Henri Laurent ne s’attend pas forcément à une nouvelle taxation « en année électorale », mais ne doute pas de nouveaux transferts. Jean-Louis Faure, délégué général du Centre technique des institutions de prévoyance (Ctip), n’est pas non plus optimiste, en soulignant qu’à défaut « nous aimerions des frontières efficaces ». Et de s’interroger : « Sans marge de liberté, quelle est l’utilité de l’assurance maladie complémentaire ? ».
Yannick Philippon rappelle qu’en trois ans, les taxes sur la santé ont augmenté de 7 points, « ce qui se répercute sur les entreprises » Les transferts de l’assurance maladie vers les acteurs complémentaires « s’élèvent à 8,2 milliards d’euros depuis 2004 », relève pour sa part Etienne Caniard. « Devant l’ampleur du déficit, à très court terme, il n’y pas d’autres solutions que les taxes et transferts », constate le président de la Mutualité française, avant de s’inquiéter des répercussions sur l’accès aux soins et d’une baisse en gamme des contrats souscrits : « Nous sommes au bout d’une histoire, il n’y a plus de marges ».
Cela dit, Henri Laurent ne constate pas sur le terrain de « phénomène de désassurance ». Idem du côté de Groupama, mais Thierry Martel s’inquiète pour la situation des retraités, dont certains risquent d’avoir de plus en plus de difficultés à régler la facture de leur complémentaire santé.