Il reste à charge entre 500 et 1000 euros par mois pour les personnes dépendantes : voilà la réalité de la dépendance. Or même si l’ensemble des intervenants présents lors de la table ronde organisée à l’occasion de Décid’assur ont tenu à rappeler qu’avant tout, il s’agit d’une problématique sociale et sociétal, le financement de la dépendance s’impose cruellement à ceux qui en sont frappés…et à leurs familles. « La dépendance n’est pas un débat d’actuaires », lance Jean-Martin Cohen-Solal, directeur général de la FNMF, avant d’expliquer que selon lui «s’il faut un partenariat public/privé, celui-ci ne doit pas être déséquilibré comme celui de la santé, mais conçu comme un vrai partenariat ». Et Bernard Spitz, président de la FFSA d’ajouter « Il faut un véritable changement systémique, ce serait la noblesse du politique ». Une remarque qui ne laisse pas indifférente le député Valérie Rosso-Debord qui réagit vivement : « Partenariat public/privé, peut-être, mais de tout façon l’argent vient toujours de la poche des Français ! ».
Le débat reste entier… A tel point que l’on peut douter de la tenue d’un calendrier promettant un projet de loi dès l’été et d’une présentation à l’Assemblée nationale à l’automne pour une inscription au PLFSS 2012. En revanche le consensus se fait autour de l’indispensable politique de prévention à mettre en place ainsi qu’au danger d’alimenter des conflits intergénérationnels inutiles. En effet, Valérie Rosso-Debord estime que la France sera au pied du mur sur la question de la dépendance en 2030 lorsque les babyboomers atteindront les 80/85 ans. Or comment faire accepter aux nouvelles générations qu’elles devront payer pour ceux qui ont bénéficié des trente glorieuses et connu le plein emploi alors que leur avenir professionnel à eux s’écrira sans doute en pointillé et pour une durée plus longue et sans aucune garantie de revenus ? Sans compter qu’ils payent déjà pour la retraite avec répartition !